(plus de photos disponibles très prochainement)
La Ferrari qui n’en était pas une
Souvent considérée comme l’une des plus belles voitures jamais construites, la Dino occupe aussi une place un peu particulière dans l’histoire de Ferrari. C’est, d’une certaine manière, une Ferrari qui officiellement n’en était pas une.
À l’époque, Enzo Ferrari avait choisi de commercialiser ses modèles V6 sous le nom Dino, sans les emblèmes Ferrari habituels. C’est la raison pour laquelle certains parlent encore aujourd’hui d’une “fausse Ferrari”. Ceux qui connaissent réellement la marque savent qu’il n’en est rien. Pour beaucoup d’amateurs, la Dino représente au contraire l’une des sportives les plus pures et les plus raffinées jamais sorties de Maranello, ce qui explique largement la forte progression de sa valeur au cours des quinze dernières années.
La recherchée série L
Entre juin 1969 et juillet 1974, un total de 3 913 Ferrari Dino 246 GT ont été produites. Selon le Dino Compendium de Matthias Bartz, le châssis 01088 correspond à un exemplaire tardif de la série L. À peine environ 355 voitures furent construites dans cette configuration précoce.
Cet exemplaire précis fut assemblé le lundi 31 août 1970 et livré le 18 septembre 1970 à son premier propriétaire, Giancarlo Belloni.
Aujourd’hui, la série L est largement considérée comme la version la plus pure de la première génération de la 246 GT. Elle représente la transition entre la 206 GT d’origine et les séries M et E plus tardives de la 246 GT. Ces premières voitures conservent une construction plus légère avec portes et capot moteur en aluminium, ainsi que les célèbres jantes 'knock-off'. Des détails directement inspirés de la compétition qui expliquent en grande partie pourquoi les premières Dino sont aujourd’hui si recherchées.
Derrière le conducteur prend place le V6 de 2,4 litres, type 135C, alimenté par trois carburateurs Weber 40 DCN et associé à une boîte manuelle à cinq rapports transmettant la puissance aux roues arrière. Selon des sources fiables, la voiture conserve son moteur matching numbers, portant le numéro 005918 et elle fut livrée à l’origine en Argento Auteuil (106-E-1), un argent métallisé relativement rare. Lors de sa restauration, elle fut repeinte dans le célèbre Giallo Fly, une teinte qui donne à la Dino une présence supplémentaire et met particulièrement bien en valeur ses lignes.
Restauration et documentation
Entre 2005 et 2006, la voiture a fait l’objet d’une restauration complète réalisée par Officina Barcali Duilio et Carrozzeria Lotti à Florence, un carrossier florentin réputé. Cette restauration est accompagnée d’un dossier détaillé ainsi que d’une documentation photographique complète. Depuis son achèvement, la voiture n’a parcouru que 5 450 kilomètres.
L’intérieur a lui aussi été remis en conformité avec les spécifications d’origine. Les sièges ont été regarnis en simili noir (code 106), les tapis de sol remplacés par une moquette noire et les panneaux intérieurs refaits en plastique noir comme à l’origine.
La voiture est accompagnée de nombreux éléments d’origine rarement encore présents aujourd’hui. La pochette Dino d’origine contenant le manuel d’utilisation, le catalogue de pièces et le manuel d’atelier est toujours là, tout comme les trousses à outils d’origine avec cric et marteau. Le Certificato di Identità délivré par l’Automotoclub Storico Italiano (ASI) est également présent.
La Dino conserve ses jantes d’origine Cromodora CD01 'knock-off', frappées 1968, aujourd’hui montées avec des pneus Michelin XWX 205/70R14 entièrement neufs. Des rapports d’expertise datant de 2014 et 2016 figurent également dans le dossier.
À un moment donné de sa vie, le panneau inférieur du pare-chocs avant a été remplacé par un élément provenant d’une Dino de série E, reconnaissable à ses deux prises d’air rondes au lieu des ouvertures rectangulaires des premiers modèles. Cette modification est probablement intervenue lors d’une réparation ancienne, les pièces correctes étant déjà difficiles à trouver à l’époque.
La Dino sur la route
Ce qui distingue la Dino depuis son lancement, c’est avant tout son comportement routier. À l’époque, Road & Track avait plaisanté en décrivant la 246 GT comme la version Ferrari du « coupé d’affaires à six cylindres », en référence à sa cylindrée relativement modeste. En réalité, il s’agissait d’une sportive remarquablement équilibrée.
Grâce à son architecture à moteur central et à ses dimensions compactes, la Dino se montre légère, précise et particulièrement vivante sur la route. C’est une voiture qui ne demande pas d’être domptée, tout en conservant un véritable DNA de course. Lors d’un essai réalisé en 1971, la Dino 246, avec une vitesse de pointe d’environ 238 km/h, s’est même montrée capable de distancer sans difficulté la très populaire Porsche 911S de l’époque.
Une Ferrari intemporelle
Bien qu’elle ait été vendue à l’origine sous le nom Dino et non directement sous l’appellation Ferrari, cette icône du design est aujourd’hui reconnue comme l’une des plus belles et des plus agréables à conduire jamais sorties de Maranello.
Nous vous invitons volontiers à venir découvrir cette remarquable Dino dans notre nouveau showroom à Ternat, en Belgique. Nous aurons grand plaisir à vous la présenter.
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